Vous vous souvenez sûrement de l’époque où le monde était divisé en deux « super puissances ». D’un coté, le bloc communiste tenu par le géant russe. De l’autre, les démocraties capitalistes.
Durant des années à l’école, le monde nous a été présenté ainsi, coupé en deux, cartes à l’appui. Il y avait les gentils chanceux (nous !) qui pouvaient profiter de la consommation de masse, de l’abondance et de la liberté d’expression. Avec nos yeux et oreilles d’enfants, nous avons compris cela de façon très caricaturale. Qui n’avait pas l’impression d’être du « bon » côté en vivant en France ?
De l’autre coté de ces frontières tracées sur la carte, s’étendaient de mystérieux pays, dont aucune image ne nous parvenait. Une masse abstraite et informe formait cette humanité communiste, victime de la malchance, qui ne pouvait pas boire de Coca Cola ou manger au Mac Donald’s. Le communisme était le mal, l’erreur.
Mais grâce à Gorbatchev, en 1989, le bloc communiste « fondit », et l’espoir et la joie fut enfin accessible à ces millions de personnes prisonnières des glaces du malheur depuis la Révolution bolchévique.
Une nouvelle ère d’espoir s’ouvrait à nous, l’humanité était réconciliée : les méchants avaient reconnu leur erreur, et ouvraient grand leurs pays exsangues aux bienfaits du capitalisme. Jean’s et Coca pour tout le monde !
Cela va faire 20 ans, déjà. La recherche du profit dont vivent les pays capitalistes n’a jamais autant épuisé les ressources mondiales. Nos pays sont sans cesse plus riches et puissants. Ils dressent des murs pour se protéger des immigrants du Tiers Monde, mais n’hésitent pas à déclencher des guérillas - voire une guerre ouverte, comme en Afghanistan ou en Irak - lorsque leurs intérêts économiques sont en danger. Les démocraties capitalistes affichent désormais leur absence totale de morale, alors même que la terre est totalement ravagée.
Mais depuis vingt ans, il n’y a plus de pays communistes à montrer du doigt, à agiter comme des marionnettes effrayantes. Alors l’Occident a fabriqué de nouveaux « méchants » : les pays musulmans.
La nouvelle génération grandit dans cette vision d’un monde divisé entre les démocraties occidentales et les dictatures islamistes. Le temps qu’elle réalise que le monde n’était pas comme on le lui avait présenté, il sera trop tard. Il y aura déjà un autre pantin méchant à agiter pour justifier notre propre monde.
Les « créatifs culturels » dont on parle tant n’ont rien à inventer. Ils n’ont qu’à retrouver des façons de vivre ancestrales, tellement simples qu’elles passent inaperçues. Cette simplicité originelle se trouve dans la nature, à l’intérieur de chacun de nous.
En ce beau printemps, profitons des énergies de renouvellement - et pas renouvelables ! - pour faire grandir ces bourgeons intérieurs en magnifiques fleurs et fruits. Cette dualité artificielle que l’on nous placarde sans cesse devant les yeux est une maladie contagieuse qu’il ne faut pas répandre. La nature est unité, cohérence, et synergie. Nous ne devrions pas vivre autrement.
Excellente lecture !
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