Situé au centre de la vallée de Lhassa au Tibet, le palais du Potala est le plus sacré de tous les sites du bouddhisme tibétain. Des pèlerins de tous les coins du Tibet parcourent de grandes distances à pied, parfois des milliers de kilomètres, pour visiter les temples de Lhassa, se prosterner devant les statues de Bouddha et rendre hommage aux huit dalaï-lamas qui y sont enterrés.
Depuis le 17e siècle, le Potala a été le site le plus sacré du bouddhisme tibétain et la résidence principale du Dalaï-Lama, bien que le 14e Dalaï-Lama ait été obligé de fuir le palais en 1959 après l'échec d'un soulèvement contre les communistes chinois qui ont envahi le pays en 1950.
Selon la légende, il y avait sur la montagne Rouge une grotte sacrée dans laquelle méditait le premier empereur du Tibet unifié, Songtsen Gampo, à qui l'on attribue l'introduction du bouddhisme dans le pays au 7e siècle. Après le succès de sa campagne militaire contre la Chine, la paix a été scellée entre les deux régions lorsqu'il a épousé une princesse chinoise et construit un palais fortifié sur la colline pour la recevoir.
En 1645, soit presque mille ans plus tard, le 5e Dalaï-Lama commença la construction du palais du Potala sur le site du fort Rouge, qui avait totalement brûlé au cours d’une guerre. Les travaux durèrent près de 43 ans.
L’incroyable ensemble de bâtiments s'élève à certains endroits sur treize étages. Il a servi de résidence au Dalaï-Lama et de siège du gouvernement tibétain. Le Dalaï-Lama a vécu dans le Palais blanc, qui a également abrité un séminaire et une imprimerie. Le Grand palais rouge, qui comporte de nombreuses chapelles remplies de trésors de l'art bouddhiste, a été utilisé pour des cérémonies d'Etat ; on y trouve notamment huit stupas qui contiennent les corps de précédents Dalaï-Lamas.
Avant l'invasion chinoise, des milliers de moines vivaient, travaillaient et priaient dans le Potala. Aujourd'hui, seule une poignée de moines y servent de gardiens et attendent le retour du Dalaï-Lama.
A la fin du 18e siècle, le palais-jardin de Norbulingka a été construit trois kilomètres plus loin comme résidence d'été du Dalaï-Lama. S’étalant sur plus de 36 hectares, ce site est le plus grand jardin d’agrément de tout le Tibet.
Si vous souhaitez découvrir le temple secret du Dalaï-Lama, il faudra traverser le Potala. En effet, pendant la construction du Potala, le 5e Dalaï-Lama a été visité pendant une méditation par une « lu » -un esprit féminin de l'eau- qui s'est plainte de la perturbation causée à la terre derrière la montagne Rouge. Les constructeurs creusaient en effet pour construire le palais. Ils avaient réalisé une longue fosse qui commençait à se remplir d'eau en provenance des sources souterraines. Le Dalaï-Lama promit aux esprits perturbés de construire sur le site un temple, mais il mourut avant que cela ne puisse être fait.
Son successeur, qui était poète et amoureux de la boisson et des femmes, a été le seul Dalaï-Lama à renoncer à la vie monastique. Vers 1700, sur une île du lac, il construisit le temple que son prédécesseur avait promis aux lu : « Dzonggyab Lukhang », ce qui signifie le « Temple des esprits de l'eau derrière le fort ».
Selon la légende, le 6e Dalaï-Lama a utilisé le pavillon qu'il avait construit pour rencontrer ses maîtresses ; et ce n'est qu'en 1791 que le 8e Dalaï-Lama a terminé la structure de quatre étages en forme de mandala que l'on peut voir aujourd'hui...











